Helen commença à rechercher les documents de la famille Davis et découvrit bientôt une terrible vérité.
Rose mourut de la scarlatine le 3 juin 1895. Elle n’avait que six ans. Lily mourut sept jours plus tard, de la même maladie. Mais entre ces deux morts s’était produit quelque chose qui explique pourquoi la photographie fut cachée pendant plus d’un siècle.

Après la mort de Rose, son corps ne fut pas enterré immédiatement. Il resta à la maison pendant une semaine entière. Et pendant tout ce temps, Lily refusa de lâcher la main de sa sœur.
Dans le dossier médical, il était écrit que l’aînée dormait à côté du corps de sa petite sœur et répétait qu’elle avait promis à sa mère de ne pas laisser Rose seule.
Plus tard, Helen trouva le journal du photographe Thomas Blackwell, appelé chez les Davis. Il y écrivait que Lily avait elle-même demandé cette photo. Elle voulait qu’elle et Rose paraissent vivantes et ensemble sur l’image — afin que leur mère les garde en mémoire ainsi.
Le photographe avoua dans son journal qu’il n’oublierait jamais ce moment : une petite fille vivante, déjà malade et condamnée, tenait la main de sa sœur morte et essayait de ne pas pleurer devant l’objectif.
Trois jours après la séance, Lily mourut.
Ses derniers mots furent :
« J’ai tenu ma promesse. »
Plus tard, la mère des filles, Eleanor Davis, ne se remit jamais de son chagrin. Elle passa le reste de sa vie dans un établissement de soins, regardant cette photo pendant des heures. Après sa mort, l’image fut cachée pendant des décennies dans les malles familiales, jusqu’à ce que le dernier héritier l’envoie à la société historique.

Il écrivit qu’il ne pouvait plus porter cette douleur.
Aujourd’hui, la photographie se trouve dans les archives fermées. Elle est rarement montrée au public.
Car ce n’est pas seulement le portrait de deux sœurs.
C’est la photo d’une promesse qu’un enfant a tenue au prix de sa propre vie.